Le papillomavirus, c'est quoi?

Les Papillomavirus Humain (HPV) sont une famille de virus présents sur nos muqueuses comme les muqueuses génitales des hommes et des femmes. Il existe une centaine de types différents, parmi eux une dizaine est considérée à haut risque de provoquer des cancers, dont celui du col de l’utérus.

L’HPV est responsable de tous les cancers du col de l’utérus. Il est également à l’origine des lésions pré cancéreuses du col détectées lors d’un examen par frottis. (1,2)

 

De quoi est-il responsable ?

Le papillomavirus (HPV), responsable de tous les cancer du col de l'utérus, est également à l'origine d’environ 80% des cancers anaux, 90% des verrues génitales (condylomes) et 30% des cancers buccaux et de la gorge. (3;8)

 

Le papillomavirus est transmis le plus fréquemment par relation sexuelle, avec ou sans pénétration, lors du contact des muqueuses. Les rapports oraux et anaux sont également concernés.

Le préservatif, efficace contre le virus du Sida, n’est pas un moyen de protection suffisamment fiable contre les HPV car il ne recouvre pas toutes les zones contaminées (poils pubiens, scrotum, sécrétion génitales). Moins de 2% des personnes vierges sont infectées par le virus HPV.

De façon beaucoup plus marginale, le virus HPV peut être transmis de façon indirecte via la contamination de linges, sols et bains de personnes infectées. (9,10,11)

Transmission du papillomavirus

 

Histoire naturelle de l'infection

La contamination par HPV n’est pas obligatoirement synonyme de cancer du col à long terme. Dans la majorité des cas, le virus est éliminé naturellement, en particulier chez la femme de moins de 30 ans. On estime que 70% des infections disparaissent sans traitement en 1 an et 90% en 2 ans.

Ainsi dans 10% des cas l'infection devient persistante et peut évoluer vers un cancer. (12)

 

Cancer du col de l'utérus et dépistage

L’examen du col par frottis permet de détecter des lésions pré cancéreuses ou cancéreuses provoquées par le virus HPV. Les recommandations françaises préconisent un dépistage tous les 3 ans de 25 à 65 ans vaccinée ou non. (13)

Il n'existe actuellement aucun moyen de dépistage pour détecter un cancer anal ou de la bouche et gorge.

 

En France on dénombre environ 3 000 nouveaux cas de cancer du col de l’utérus par an. 67% des diagnostics concernent des femmes de moins de 65 ans, le pic de fréquence se situant vers 40 ans. On déplore environ 1 000 décès par an. (14)

 

Chaque années 31 000 lésions précancéreuses nécessitent une prise en charge spécifique. Certaines lésions de bas grades sont traitées par laser, certaines de hauts grades, plus dangereuses, par geste chirurgical.

Ce geste consiste à retirer une partie du col de l’utérus. C’est ce que l’on appelle la conisation. (15)

 

La conisation n’est pas complètement anodine puisqu’elle présente des effets indésirables à court terme (saignements, douleurs) mais aussi à long terme. Elle multiplie environ par 2 le risque d’accouchement prématuré, par 3 le risque de césarienne et par 2 le risque de petit poids du bébé à la naissance. (16 ; 18)

Sources

1. Heard I, Tondeur L, Arowas L, Falguières M, Demazoin MC. Distribution des papillomavirus humains (HPV) dans des frottis effectués dans le cadre du dépistage organisé du cancer du col de l’utérus en France.

2. Bull Epidémiol Hebd. 2014;(13-14-15) :241-8. Prétet JL, Jacquart AC, Carcopino X, Charlot JF, Bouhour D, Kantelip B, et al. Human papillomavirus genotype distribution in invasive cervical cancers in France: EDITH study. Int J Cancer 2008; 122(2): 428-432. Disponible sur: http://invs.santepubliquefrance.fr/beh/2014/13-14-15/2014_13-14-15_1.html

3. HCSP, Vaccination des garçons contre les infections à papillomavirus. Collection avis et rapports ; Février 2016. 

4. Abramowitz L, et al. Human papillomavirus genotype distribution in anal cancer in France: the EDiTH V study. Int J Cancer. 2011; 129(2): 433-39.

5. D’Souza G, Kreimer AR, Viscidi R, et al. Case-control study of human papillomavirus and oropharyngeal cancer. N Engl J Med 2007

6. Alemany L, Cubilla A, Halec G, et al. Role of HPV in penile carcinomas worldwide. N Engl J Med 2007

7. Hartwig et al. Estimation of the overall burden of cancers, precancerous lesions, and genital carts attributable to 9-valent HPV vaccine types in women and men in Europe; Infectious Agents and Cancer  Eur Urol (2017) 12:19

8. Shield KD, Micallef CM, Martel C de, Heard I, Megraud F, Plummer M, et al. New cancer cases in France in 2015 attributable to infectious agents: a systematic review and meta-analysis. Eur J Epidemiol. 6 déc 2017;1‑12.

9. Girard M, Denis F. Virologie et épidémiologie. Les vaccins des papillomavirus humains : leur place dans la prévention du cancer du col utérin sous la direction de Pierre Bégé. Edition médicales internationales. Lavoisier, 2009 (3-10)

10. Winer R.L, Hughes J.P, Feng Q, O’Reilly S, Kiviat N.B, Holmes K.K, et al. Condom use and the risk of genital human Papillomavirus infection in young women. N Engl J Med 2006 ; 354; 2645-2654.

11. Gavillon N, Vervaet H, Derniaux E, Terrosi P, Graesslin O, Quereux C. How dit i contract human Papillomavirus (HPV) ? Gynécologie Obstétrique et fertilité 38 (2010) 199-204.

12. Duport N. Données épidémiologiques sur le cancer du col de l’utérus. Etat des connaissances. Actualisation 2008. InVS

13. HAS « Dépistage et prévention du cancer du col de l’utérus » (Juin 2013)

14. Les cancers en France en 2016. L’essentiel des faits et des chiffres, ouvrage collectif édité par l’INCA ; http://www.e-cancer.fr/Actualites-et-evenements/Actualites/Les-cancers-en-France-en-2016-l-essentiel-des-faits-et-chiffres

15. www.e-cancer.fr www.cngof.fr

16. Noehr B, Depth of cervical cone removed by loop electrosurgical excision procedure and subsequent risk of spontaneous preterm delivery. Obstet gynecol 2009;114(6):1232

17. Kyrgiou M, Obstetric outcomes after conservative treatment for intraepithelial or early invasive cervical lesions: systematic review and meta-analysis. Lancet 2006;367(9509):489-98

18. Khalid S; The thickness and volume of LLETZ specimens can predict the relative risk of pregnancy-related morbidity. BJOG 2012;119(6):685-91

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Dernière Mise à jour: Novembre 2019

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